16/03/2012

Inspiration : Jean-Paul Goude

Jusqu'au 18 mars 2012, le Musée des Arts Décoratifs présente la première rétrospective de Jean-Paul Goude à Paris. L'occasion de (re)découvrir un homme de talent.



Jean-Paul Goude est un « faiseur d'images » investissant aussi bien le champs du dessin, de l'affiche, de la photographie, du cinéma, ou encore de l'événementiel. Possédant le désir d'aller à contre-courant des tendances et loin des stéréotypes consensuels, il a imposé son univers, en se montrant tout à fait précurseur.

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Jean-Paul Goude est né en 1940, d'une mère américaine et d'un père français. Après avoir fait les Arts Déco, il débute sa carrière en 1964 comme illustrateur pour la presse de mode et la publicité.
Il réalise alors la fresque des "Minets" pour les magasins Le Printemps.

A partir de 1970, il devient directeur artistique du Magazine Esquire à New York pendant une dizaine d'années. Il est alors manager de la chanteuse Grace Jones, qui deviendra son égérie et sa compagne.

Durant ces années new-yorkaises, il développe la technique de la « french correction ».
Celle-ci consiste à découper une photo en bandes et les éloigner de quelques millimètres pour aggrandir certaines parties. Parfois, il repeint ensuite les interstices sur le négatif. Du photoshop avant l'heure !
Cette technique a fortement influencé l'esthétique du dessin de mode,
avec ces jambes invraisemblablement allongées.


Technique de la "French Correction"

A son retour en France dans les années 80, il signe de nombreuses campagnes publicitaires notamment

pour Chanel, Kodak ou encore Perrier.  Ces affiches et spot marqueront les esprits, de même que le grandiose défilé 
multi-ethnique 
imaginé pour le bicentenaire de la Révolution le 14 juillet 1989.
Depuis 2001, il réalise les publicités pour les Galeries Lafayettes, 
mettant en scène Laetitia Casta et d'autres modèles.


Croquis pour le défilé du bicentenaire de la Révolution
L'oeuvre de Jean-Paul Goude est donc extrêmement riche, et a profondément influencé l'esthétique des dernières décennies. En proposant une vision décalée, toujours pleine de créativité et avec un talent
certain, il a su s'emparer de plusieurs médias et imposer son univers artistique.


Un mot sur l'expo

La direction de cette rétrospective a été assurée par Jean-Paul Goude lui-même.
Il lui a donné le nom de "Goudemalion", néologisme basé sur le Pygmalion employé par Edgar Morin.

"Le Pygmalion légendaire était un roi de Chypre qui sculpta une statue à laquelle Aphrodite donna vie, puis épousa cette créature. Goudemalion, lui, sculpte une statue à partir de la femme qu’il épouse.
Mais il n’en fait pas une statue de pierre, il en fait plus qu’une statue de chair douée d’âme,
il en fait un être mythique où se transfigure la substance vivante, sans cesser d’être vivante,
en créature de rêve et de légende".


Grace Jones photographiée par Jean-Paul Goude

Il explique dans une vidéo qu'il a voulu investir le lieu des Arts Décoratifs tel qu'il était,
sans modifier la perception de l'espace par des cimaises. Il l'a donc imaginé comme un grand salon,
avec son tapis central, son "train électrique", ses tableaux au mur ...


Cette rétrospective rassemble environ 420 oeuvres (photographies, dessins, sculptures, etc.)

La nef principale, consacrée au défilé pour le bicentenaire de la Révolution, révèle toute sa grandeur avec son gigantesque train en bois disposé au centre. Dans la partie gauche, une série d'alcôves retracent le parcours de Jean-Paul Goude de façon chronologique, à droite, des salles thématiques (magnifiques photos de son travail de sculpture, mise en scène des affiches pour les Galeries Lafayettes, les automates ...)


Une très belle exposition, à voir et surtout à vivre. Ce sont les derniers jours,
armez-vous de courage pour affronter à la foule, vous ne le regretterez pas !

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Pour finir quelques croquis que j'ai réalisés lors de l'expo, d'après la fresque des "Minets",
réalisée pour Le Printemps, 1969.



Liens :

Photos : 6 & Marie

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